Floraison de juillet 2021

Thalictrum flavum - Pigamon jaune

par Michel NICOLLE

Thalictrum flavum L., 1753, Pigamon jaune, Pigamon noircissant.
Famille des Renonculacées.

En ce mois de juillet, découvrons une plante assez rare en Île-de-France et rare en Eure-et-Loir, le Pigamon jaune, Thalictrum flavum.
« Thalictrum » vient du grec « thallein » = verdir et de «  ictar » = vite, par allusion à sa rapidité de végétation. « flavum » vient de « flavium » = jaune.

Thalictrum flavum, bord de l’Avre en Eure-et-Loir

C’est une plante vénéneuse par ses racines, très variable dans ses aspects, que l’on rencontre dans les lieux humides, prairies marécageuses et bords de rivières, sauf dans le Sud-ouest et le midi où elle est absente. L’espèce semble aussi absente des Pyrénées-Atlantiques. C’est une espèce des mégaphorbiaies où on la trouve associée à la Reine des prés, Filipendula ulmaria et à la Salicaire, Lythrum salicaria.

Cette vivace indigène, d’origine eurasiatique, présente une tige souterraine stolonifère à nombreuses racines adventives. Elle se multiplie par voie sexuée mais aussi par voie végétative en produisant des bourgeons sur le rhizome.

La tige cannelée et creuse, non ramifiée jusqu’à l’inflorescence, peut atteindre plus d’un mètre.

feuilles de Thalictrum flavum

Les feuilles, alternes, engainantes, bi à tri pennées, sont divisées en nombreuses folioles oblongues, en général trilobées (parfois entières) à base en coin. Elles sont vertes au dessus, glauques et à nervures bien marquées en dessous.

fleur de Thalictrum flavum

Les fleurs, odorantes, en panicules corymbiformes très denses, à l’extrémité des rameaux, sont jaunâtres par les nombreuses étamines jaunes dépassant le calice. Le périanthe présente 4 ou 5 sépales pétaloïdes blancs-verdâtres. La floraison a lieu de juin à août.
Les nombreuses étamines jaunes et dressées ont 3 à 5 mm de long. Il y a 6 à 9 carpelles libres et non pédonculés.

akènes de Thalictrum flavum

Les fruits sont des akènes courts, pratiquement sessiles, ovoïdes, très obtus et à côtes peu saillantes.

Les racines étaient autrefois utilisées en teinturerie car contenant un pigment jaune, la macrocarpine.

Cette plante est en régression, surtout dans le sud de la France, car menacée par la dégradation des cours d’eau et des milieux marécageux ainsi que par les changements des pratiques agricoles.

Dans le département des Yvelines elle a été inventoriée dans 35 communes mais certaines de ces observations remontent à 1908 et n’ont pas été actualisées depuis. En Eure-et-Loir, d’où sont tirées les photos de cet article, l’espèce a été inventoriée dans 27 communes (source CBNBP).
Cette espèce est déterminante ZNIEFF en région Centre, Pays de la Loire, Bourgogne et protégée en région Centre (arrêté du 12 mai 1993).


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